Jewel http://jewel.journalintime.com/ How does it feel to not doubt? How does it feel to not want to be different? fr 2017-10-04T01:33:00+02:00 http://jewel.journalintime.com/Ultimatum Ultimatum. J'ai bien senti qu'il y avait quelque chose qui clochait. Un noeud dans les tripes. Dans la poitrine. Dans les ovaires. Un brouillard d'anxiété dans ma tête. Il a mis cinq minutes pour me dire "Rien ne cloche." Puis quinze minutes plus tard. "Il y a quelque chose. A propos de ce qu'on fait et combien de temps ça va encore pouvoir durer." J'étais dans le couloir avec Coline en train de choisir un DVD pour me changer les idées. Je me suis effondrée. Une heure plus tard, je raccrochais le téléphone. Josh. Josh et son putain d'ultimatum. On recommence une relation sérieuse ou on ne se J’ai bien senti qu’il y avait quelque chose qui clochait. Un noeud dans les tripes. Dans la poitrine. Dans les ovaires. Un brouillard d’anxiété dans ma tête. Il a mis cinq minutes pour me dire "Rien ne cloche." Puis quinze minutes plus tard. "Il y a quelque chose. A propos de ce qu’on fait et combien de temps ça va encore pouvoir durer." J’étais dans le couloir avec Coline en train de choisir un DVD pour me changer les idées. Je me suis effondrée. Une heure plus tard, je raccrochais le téléphone. Josh. Josh et son putain d’ultimatum. On recommence une relation sérieuse ou on ne se voit plus. Il en a marre d’être utilisé comme un sextoy. Il a vingt-huit ans. Il veut une copine. Un mariage. Un enfant. Une maison et un chien. Il veut être fidèle. Il veut devenir adulte. Moi. Moi, je veux pouvoir tomber folle amoureuse le temps d’une soirée. Je veux rencontrer des personnes magnifiques. Je veux ressentir cette étincelle dans mon bas-ventre lorsque je croise le regard de quelqu’un dans le métro. Je veux m’imaginer le monter ou la baiser. Je veux pouvoir fantasmer. Je veux pouvoir désirer. Je veux pouvoir me bourrer la gueule et sauter sur tout ce qui bouge. Je rêve d’un idéal de sexe, d’amour, de joie, de confiance, de liberté. De polyamour. Tout le monde autour de moi prêche le polyamour. Mais personne n’y arrive. Personne n’y arrive. Idéal inatteignable. Moi. Moi, je ne peux pas imaginer ma vie sans lui. Putain, je l’aime tellement. Alors j’essaie de construire dans ma tête un scénario qui me conviendrait. Pas de mariage. Plutôt mourir. Un enfant par accident, pour ne pas avoir à attiser les foudres de mes amis anti-natalités. Un chat, plutôt qu’un chien. Parce qu’on devra bosser comme des abrutis pour payer un gosse, et les chiens, c’est trop de responsabilité. Je veux pas de garçon. Je veux une fille. Métisse aux yeux bleus. Une gueule d’ange et des t-shirts de métal pour enfant. Un appart pas trop cher. Une pièce transformée en studio de musique. Un frigo rempli de bonne bouffe vegan. Des matinées de méditation et des nuits de rough sex. Un foyer rempli de musique, de danse, d’art. Un amour éternel. Des plantes de weed sur le balcon.

Coline m’a tendue lorsque je lui en ai parlé, les yeux dégoulinants de mascara. Je risque de perdre l’homme de ma vie. Elle risque de perdre un semblant de revenu. Car si je deviens exclusive à Josh, je ne ferai plus de travail du sexe avec elle. J’en ai rien à foutre. C’est pas comme si ça nous rapportait des millions. C’est pas comme si ça ne m’atteignait pas au plus profond de moi-même de devoir faire semblant de surkiffer ces misogynes aux bides remplis d’animaux et de bière. De vénérer leur médiocre bite. De jouir par anal. Les hommes n’y connaissent rien. Même à cinquante ans. Même à leur mort. Ils dormiront à jamais sur leurs deux oreilles sans penser une seule seconde que toutes les femmes qui ont eu le malheur de croiser leur chemin ont simulé pour tenter d’y mettre fin. J’en ai rien à foutre d’arrêter. On s’est toujours promis avec Coline qu’on ne ferait pas ça longtemps. J’ignore totalement ce que me réserve l’avenir. Car, ce soir, ma vie a probablement changé. Je pensais vivre dans ma nouvelle colocation avec mes meilleures potes encore longtemps. Puis peut-être en squat après s’être fait virées. Je pensais vivre de petits jobs à droite à gauche pour subvenir à mes modestes besoins. Je pensais rencontrer des gens fabuleux. Pour une nuit. Pour quelques mois. Désormais, je vais vivre pleinement ma relation avec l’amour de ma vie. Ce qui est, au fond, une putain de chance.

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2017-10-04T01:33:00+02:00
http://jewel.journalintime.com/Plane-mode Plane mode. Je suis dans une période étrange de ma vie. J'ai l'impression d'être revenue huit ans en arrière. Quand je déjeûnais au Red Bull-clope. Quand je buvais des bières tous les jours. Quand je prenais du MDMA. Quand j'en avais absolument rien à foutre de ma santé. Quand je couchais avec mille personnes différentes par semaine. Aujourd'hui, ce n'est plus le Red Bull mais le Coca. Quelle sale anticapitaliste je fais. Aujourd'hui, j'ai recommencé à fumer. Du tabac à rouler et de la weed sans THC. Aujourd'hui, je ne suis plus monogame. Je ne me mets plus en couple pour tromper la personne Je suis dans une période étrange de ma vie. J’ai l’impression d’être revenue huit ans en arrière. Quand je déjeûnais au Red Bull-clope. Quand je buvais des bières tous les jours. Quand je prenais du MDMA. Quand j’en avais absolument rien à foutre de ma santé. Quand je couchais avec mille personnes différentes par semaine.
Aujourd’hui, ce n’est plus le Red Bull mais le Coca. Quelle sale anticapitaliste je fais. Aujourd’hui, j’ai recommencé à fumer. Du tabac à rouler et de la weed sans THC. Aujourd’hui, je ne suis plus monogame. Je ne me mets plus en couple pour tromper la personne tous les weekends. Je refuse désormais d’être la copine de qui que ce soit. Et ça a changé ma vie. C’est tellement plus simple. Je me sens tellement libre. Je ne dois rien à personne. Je peux boire des verres, faire la fête et baiser avec qui je veux, quand je veux. La notion de couple ne veut plus rien dire pour moi. Prétendre que l’on ne sera attiré.e que par une seule personne pour le restant de ses jours est un gros mytho. Prétendre que l’on aimera inconditionnellement quelqu’un toute sa vie est une aberration.

Aujourd’hui, des hommes paient pour coucher avec ma pote Coline et moi. On prétend qu’on est un couple bi. Qu’on a besoin d’argent pour nos études. Ils fantasment de baiser avec deux meufs et ils fantasment de venir à notre rescousse. On s’est fait plus de mille balles samedi passé. C’était un gros geek. Je l’avais deviné par son pseudo sur le site de petites annonces. En réalité, il s’appelle Jérémy. Il a trente ans et il est informaticien. Il arrive à se payer un trois pièces dans le centre de Genève. Et deux heures de plan à trois. On est assez bien tombées. Il n’était pas laid. Il était gentil. Courtois. Il avait préparé la thune sur la table basse de son salon. Coline et moi avons commencé à s’embrasser sur son lit. Il s’est assis à côté de nous. Pour l’inclure, je lui caressais la bite à travers le pantalon. Le premier truc qu’il a voulu faire, c’est nous faire jouir avec sa langue. On a les deux simulé, même s’il se débrouillait pas trop mal. On avait autre chose en tête. On ne pouvait pas entièrement lâcher prise. S’en est suivi d’une heure et demi de sexe assez intense. Mais pas violent. Je suis un peu restée sur ma faim à ce niveau-là. Il a joui dans ma bouche et on lui a fait des câlins cinq minutes avant que je perde patience et que je me rhabille. Il est spontanément allé chercher l’argent pour l’heure supplémentaire. On s’est fait un câlin maladroit pour se dire au revoir. Coline a oublié son sac en partant, il est descendu dans la rue pour le lui rendre.

Jonas me met mal à l’aise. Il ne m’a pas adressé la parole pendant une semaine. Il m’a envoyée chier lorsque j’ai demandé de ses nouvelles. Je l’ai appelé tout à l’heure. Il est saoulé de la dynamique qu’il y a entre nous. Que ce soit toujours lui qui demande à ce qu’on se voie. Que j’en aie rien à foutre de ne pas dormir avec lui pendant deux semaines. Qu’il accoure lorsque je vais mal. Que je ne bouge pas lorsque lui va mal. Voilà l’idée qu’il se fait de nous. Je ne suis pas d’accord avec ça. Mais j’ai écouté. J’ai respecté son ressenti. Je me suis engagée à être plus présente. On raccroché, satisfaits.
Une heure après, il m’écrit par message.

Tu me manques
Et je t’aime
Et je suis desole de pas tjs etre a la hauteur
Et de fuir lâchement
...
J’aimerais que tu sois ma copine

A ce moment-là, j’ai une boule d’angoisse dans le ventre. Je lui dis qu’il me demande d’être quelqu’un que je ne suis pas. Je lui demande pourquoi il veut absolument nous mettre une étiquette. Ce à quoi il répond :

Parce que tu es borderline
Et que tu as besoin d’un cadre
A défaut d’une laisse

Je lui ai demandé si c’était censé être de l’humour. Il répondu qu’il était sincère, hormis la laisse. J’ai mis mon téléphone en mode avion.

Et dire que ce type se revendique féministe. Ces messages me font froid dans le dos. Je ne sais pas ce qui est le pire. Qu’il prétende que son envie de me contrôler soit pour mon bien. Qu’il ne se rende pas compte de la violence de ses propos. Qu’il prétende que, si on a de la peine à communiquer, c’est parce que je suis borderline. Qu’il va probablement me reprocher de l’avoir déserté alors que je venais de m’engager à ne plus le faire. Que je sois tombée encore une fois sur un homme manipulateur. Que même les hommes soi-disant féministes sont des tarés. Que je ne sais pas comment je vais me sortir de cette situation. Que je regrette d’avoir essayé de me réconcilier avec lui. Que j’aurais dû le laisser disparaître de ma vie.

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2017-07-04T01:49:00+02:00
http://jewel.journalintime.com/Borderline Borderline. La peur du rejet et de l'abandon, l'instabilité de l'humeur, la difficulté à contrôler les pulsions, les actions, les réactions, les actes impulsifs souvent néfastes, les relations interpersonnelles instables, une difficulté avec l'intimité, une dissociation et une méfiance importante en présence de stress. Jonas ne me parle plus. Il ne m’a pas donné d’explication. Je déteste ça. Je suis putain d'anxieuse. Je suis malade depuis vendredi. J’ai dû annuler tous mes plans pour le weekend. Je binge-watch Girls, je mange à peine, j’espère que ça va me faire maigrir. La peur du rejet et de l’abandon, l’instabilité de l’humeur, la difficulté à contrôler les pulsions, les actions, les réactions, les actes impulsifs souvent néfastes, les relations interpersonnelles instables, une difficulté avec l’intimité, une dissociation et une méfiance importante en présence de stress.

Jonas ne me parle plus. Il ne m’a pas donné d’explication. Je déteste ça. Je suis putain d’anxieuse.

Je suis malade depuis vendredi. J’ai dû annuler tous mes plans pour le weekend. Je binge-watch Girls, je mange à peine, j’espère que ça va me faire maigrir. J’ai le rhume et la toux. Je suis épuisée et j’ai mal à la tête à force de regarder un écran dans mon lit depuis 48h.

Jonas ne me parle plus, et ça me rend putain d’anxieuse. Parce que je ne sais pas ce que j’ai fait. Parce qu’il me hait. Parce qu’il m’aime et que moi je ne l’aime pas. Parce que je l’ai saoulé. Parce qu’il a perdu tout intérêt, car je n’ai aucun intérêt. Parce qu’a contraire je suis trop compliquée et fucked up. J’en sais rien. Il ne m’aime plus. Il ne m’aime plus. Il a dit qu’il m’emmènerait aux bains après le début des cours pour que je sois moins malheureuse mais il m’abandonne. Il m’abandonne à un moment difficile de ma vie. Je le hais pour ça. Il manque tellement de considération. Aucune explication. Je le hais. Fuck him. Putain je le hais.

J’ai pas vu mes amis de tout le weekend et ça me rend triste. Ça m’aurait fait du bien d’avoir un peu d’intelligence et de finesse avant de retourner aux cours avec ces beaufs racistes et misogynes.
Je suis anxieuse et j’ai faim. J’ai faim, putain.

Il y a quelques mois j’étais au fond du trou. Je me suis traînée chez ma psy et l’ai suppliée de me donner un diagnostique. Six ans que j’allais chez elle, je n’avais jamais désiré le savoir. J’avais peur de me conforter dans la maladie. De ne pas assumer mes actes et de mettre toute la faute sur ma condition. J’étais au fond du trou. Je faisais tous les exercices. Je sortais de ma zone de confort pour vaincre l’anxiété. Mais il n’y avait aucune évolution. En six ans. Aucun progrès. A part le fait d’arrêter la drogue. Nada. J’étais en pleurs. Elle a compris. Il fallait que je sache. Je m’attendais à ce qu’elle me dise que je suis dépressive. Mais ça aurait été trop facile. Des p’tits antidépresseurs et hop tout va bien. Tu rêves. Je suis borderline. Je suis putain de borderline.

A ce moment-là, tu te dis FUCK. Tu te dis, fuck, j’ai un trouble de la personnalité. Mental illness. Maladie mentale.
A ce moment-là t’es soulagée. Parce que tu comprends enfin pourquoi les autres arrivent à fonctionner et pas toi. Pourquoi ils arrivent à faire des choses - ouvrir leur courrier, ne pas avoir envie de mourir lorsque quelqu’un ne répond pas dans la seconde à ton message, terminer une formation - et pas toi.
A ce moment-là tu flippes, aussi. Tu flippes énormément. Parce que tu sais que, malgré tous tes efforts, tu vas galérer toute ta vie. Tu vas beaucoup, beaucoup pleurer. Tu continueras à passer des jours chez toi sans arriver à sortir du lit. Parce que l’anxiété est trop forte. Tu vas rencontrer pleins des personnes fantastiques, à qui tu n’adresseras plus la parole quelques mois plus tard. Parce que tu les hais soudainement. Ou parce qu’ils aimeraient que tu sois normale donc ils se barrent. Y aura beaucoup de séparations. Et les séparations, c’est dur pour toi. Tu vas parler à tes proches qui minimiseront ta maladie en disant des débilités du genre "Mais moi aussiiiii j’ai des angoisses des fois. Moi aussiiiii parfois je ne sais pas très bien qui je suis". Parce que oui, en tant que borderline, tu sais pas qui tu es. Ta personnalité peut changer tous les jours. Toutes les secondes. J’ai été dix femmes différentes dans ma vie.

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2017-04-30T23:58:00+02:00
http://jewel.journalintime.com/Stray-dog Histoires courtes sur des relations passées (partie II) E. J'étais amoureuse de toi depuis des mois. J'avais quitté Josh dans l'espoir d'être un jour ta copine et que tu sois la mienne. Dans le parc, tu t'étais faite toute belle et tu m'avais avoué tes sentiments. On s'était embrassées. Tu y allais beaucoup trop fort et nos dents s'entrechoquaient. On était heureuses, pendant une semaine. Puis on est parties à Londres avec les filles. Tu mangeais un pot de sauce arrabiata à la cuillère. Tu étais bourrée beaucoup trop vite et tu m'oppressais. J'ai pleuré le jour de l'anniversaire de Josh, en boîte gay. Je t'ignorais. Les filles E.
J’étais amoureuse de toi depuis des mois. J’avais quitté Josh dans l’espoir d’être un jour ta copine et que tu sois la mienne. Dans le parc, tu t’étais faite toute belle et tu m’avais avoué tes sentiments. On s’était embrassées. Tu y allais beaucoup trop fort et nos dents s’entrechoquaient. On était heureuses, pendant une semaine. Puis on est parties à Londres avec les filles. Tu mangeais un pot de sauce arrabiata à la cuillère. Tu étais bourrée beaucoup trop vite et tu m’oppressais. J’ai pleuré le jour de l’anniversaire de Josh, en boîte gay. Je t’ignorais. Les filles faisaient semblant de ne pas voir ce qu’il se passait. En trois semaines, on n’a jamais couché ensemble. En rentrant de Londres, je t’ai quittée sous prétexte que je n’étais pas prête pour une relation sérieuse.
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Q.
Si tu n’avais pas eu les cheveux violets, je ne t’aurais probablement jamais calculé. On s’est parlé à la fête de l’université, où je suis restée deux mois avant d’abandonner. Je pensais être gay à cette époque et je te répétais sans cesse que tu me perturbais. Tu n’avais nulle part où dormir donc je t’ai innocemment invité à venir dans ma coloc. Tu m’as offert du pain d’épices de ta grand-mère et dans la salle de bain tu m’as pris dans tes bras par derrière et mon coeur a fondu. Tu étais précoce et j’avais envie de mourir. Parfois j’étais compréhensive, parfois j’étais une bitch. Tu m’as larguée après un mois, du jour au lendemain, parce que j’étais vegan, alors qu’on en parlait jamais. Je pense encore aujourd’hui qu’il y avait autre chose que tu n’as pas osé me dire.
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E.
En soirée gay, ta pote nous a présentées. Tu étais tellement jolie mais tellement insupportable. On s’est embrassées toute la soirée jusqu’à que tu me saoules trop et que je rentre à pieds à ma coloc. Mon pote Marco m’a appelé alors que j’étais au lit pour me dire que tu n’avais nulle part où dormir. J’ai mis un training et je suis venue te chercher, On a couché ensemble alors que tu avais le bras cassé et c’était fantastique. Le lendemain j’avais la gueule de bois et j’étais soulagée que tu partes rapidement. Tu m’as accusée d’avoir volé ta casquette alors que tu portais un bonnet. J’avais des marques de morsures partout sur le corps.
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B.
On s’est rencontrés dans une auberge de jeunesse au Cambodge. Les Américains disaient que tu ressemblais à John Mayer mais moi je ne sais pas qui c’est. On a roulé trois heures en scooter et mes seins venaient taper dans ton dos à chaque coup de frein. Tu m’avouas plus tard que tu faisais exprès. J’avais mes mains sur tes hanches et je mouillais. Tu parlais parfois de ta copine. On s’est retrouvés à une soirée goa dans la jungle. J’étais déchirée. On flirtait. Sur la scène, j’ai touché ta bite à travers ton short. Tu aimais ta copine. Le soir suivant, on a passé la soirée à parler d’elle. Tu as vomi. J’ai sauté dans la piscine avec Sarah. J’étais dans tes bras, posés parterre dans la rue, à caresser un chien errant. On riait. Je me suis glissée dans ton lit et, pendant qu’Arnaud trompait sa meuf avec Sarah, tu restais fidèle à la tienne. Tu m’avouais que tu m’observais dans mon lit la nuit. Que tu avais des sentiments pour moi. Que la monogamie ne faisait plus sens pour toi. Tu as touché mes seins. On n’a jamais couché ensemble. On ne s’est même jamais embrassés. Je suis rentrée en Suisse deux jours plus tard, après que tu aies passé deux heures la tête sur mon ventre et que je te caressais les cheveux. On s’écrivait presque tous les jours pour se plaindre de cette situation de merde. Jusqu’à que tu me dises que tu allais essayer de faire marcher ta relation avec ta copine. Ca m’a brisé le coeur.

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2017-03-24T09:28:00+01:00
http://jewel.journalintime.com/MacBook MacBook. Il est 07h50 du matin, et je viens d'arriver chez moi. J'ai croisé Mom dans la cuisine, en train de se faire un smoothie. J'aurais bien dévoré le reste de pâtes de hier mais elle m'aurait regardée trop chelou. Il est 07h50 du matin et je reviens de chez Jonas. J'ai débarqué en pleurs chez lui à 22h hier soir. En pleurs à cause du Belge. Le Belge que j'ai rencontré au Cambodge. Longue histoire. J'y reviendrai. Un des colocs de Jonas m'a ouvert la porte. Il a vu devant lui une blonde en jupe courte et chaussettes montantes. Il a direct su que je venais pour Jonas. Ce dernier est Il est 07h50 du matin, et je viens d’arriver chez moi. J’ai croisé Mom dans la cuisine, en train de se faire un smoothie. J’aurais bien dévoré le reste de pâtes de hier mais elle m’aurait regardée trop chelou.

Il est 07h50 du matin et je reviens de chez Jonas. J’ai débarqué en pleurs chez lui à 22h hier soir. En pleurs à cause du Belge. Le Belge que j’ai rencontré au Cambodge. Longue histoire. J’y reviendrai. Un des colocs de Jonas m’a ouvert la porte. Il a vu devant lui une blonde en jupe courte et chaussettes montantes. Il a direct su que je venais pour Jonas. Ce dernier est arrivé dans le hall et m’a maladroitement fait un câlin avant de m’amener dans sa chambre. Le genre de câlin où le mec te touche à peine avec ses bras. Le genre de câlin qui sert à rien. Je me suis mise en top et en culotte et je me suis installée sur son lit. On a échangé deux-trois banalités sur le capitalisme.

- Tu veux voir le film porno qui a gagné le prix du festival?

Je ne sais pas de quel festival il parle, mais je ne dis jamais non à un porno. Il baisse les lumières. Prend son MacBook. Branche les écouteurs puis me les tend.

- Tu veux pas écouter avec moi?
- Non, je serai trop occupé à autre chose.

Jonas a presque trente ans. Il est Portugais. C’est le plus gros hipster de l’histoire de l’humanité. Barbe noire, lunettes, pantalons slims trop courts et t-shirts trop grands. MacBook et iPhone. Ce sac à dos moche suédois, avec les deux poignées. Il lit des bouquins sur la révolution russe au lieu de lire mes bouquins sur l’antispécisme, et ça m’énerve. Jonas, c’est un militant anticapitaliste et antifasciste. Il a un job alimentaire comme éducateur mais sa vraie passion c’est de gueuler dans la rue. Jonas, il est un peu maigre, pas très grand, un peu maniéré. Jonas je l’ai sûrement croisé un million de fois à des manifs, mais il nous a fallu Tinder pour qu’on commence à se calculer.

La musique commence à jouer. La scène se déroule dans une voiture. La femme est uniquement éclairée par les lumières néons de la route. La vidéo dure 9 minutes. Jonas a sa tête entre mes jambes et j’ai déjà envie de faire semblant de jouir. Pas pour lui faire plaisir. Mais parce que je n’arrive pas à faire mieux. La femme a un piercing au septum, un ventre un peu gras, elle est magnifique. Un homme noir apparaît, comme un flash. Il joue avec sa chatte. Un autre flash. Il la pénètre. Je n’arrive pas à me concentrer avec Jonas qui me fait mouiller au point de tremper ses draps. A quelques minutes de la fin de la vidéo, je simule un orgasme. Je n’entends pas mes propres gémissements à cause de la musique dans les écouteurs. J’ai une pensée pour ses colocataires dans le salon.

- J’ai presque tenu jusqu’au bout.
- Good girl.

On a du baiser pendant deux heures après ça. Jonas a une maîtrise de lui-même assez impressionnante. Il ne jouit que lorsque que j’ai fini de compter jusqu’à trois. Je commence par le lécher à mon tour. Au début, doucement, sensuellement. Puis il m’attrape la tête et vient cogner au fond de ma gorge. Je m’étouffe. Je crache. Il m’étale ma salive sur mon visage, pour faire couler mon maquillage. Pour que je ne ressemble plus à rien. Il me pénètre ensuite par derrière. J’ai encore mal de la veille avec Thomas. Il me retourne. Tout en me pénétrant, il me pose des questions sur mes conquêtes de la semaine. Je lui raconte Josh. Mon ex Josh. J’ai dormi chez lui mardi soir. Je dis que je l’ai laissé éjaculer sur mes seins et sur mon ventre. Ce n’est pas vrai, mais c’est déjà arrivé par le passé. Jonas devient fou. Il me pose plein de questions tout en se défoulant en moi. Puis je lui parle de Thomas. Comme quoi c’est le mec le mieux foutu que j’ai jamais baisé. Comme quoi il a adoré raser la chatte d’une féministe. Comme quoi il accepterait peut-être de me prendre violemment pendant que Jonas nous regarde.

- Pendant qu’il te baise, j’aimerais te chuchoter à l’oreille que je t’aime, histoire que notre relation soit bien tordue jusqu’au bout.

Un, deux, trois.

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2017-03-24T08:42:00+01:00
http://jewel.journalintime.com/Fake-blood Fake blood. Tout a commencé sur Facebook. Je rentrais de Boston. Une année à Boston. Une année de disputes. Verbales. Physiques. Une année de solitude. Une année à rester cloîtrée dans notre minuscule studio. Une année de peur du monde extérieur. Une année de questionnements. Une années de voix dans ma tête. Une année de haine envers moi-même. « Tu viens au pic-nic? » Peut-être, j'ai répondu. Eva. Eva a dix-huit ans. Eva, elle semble pourtant être dix fois plus mature que moi. Eva, elle est grande. Eva, elle a les cheveux rouges. Eva, elle organise des manifestations contre Tout a commencé sur Facebook. Je rentrais de Boston. Une année à Boston. Une année de disputes. Verbales. Physiques. Une année de solitude. Une année à rester cloîtrée dans notre minuscule studio. Une année de peur du monde extérieur. Une année de questionnements. Une années de voix dans ma tête. Une année de haine envers moi-même.

« Tu viens au pic-nic? » Peut-être, j’ai répondu. Eva. Eva a dix-huit ans. Eva, elle semble pourtant être dix fois plus mature que moi. Eva, elle est grande. Eva, elle a les cheveux rouges. Eva, elle organise des manifestations contre l’exploitation des animaux. Eva, elle va devenir avocate. Eva, elle est vegan. Eva, elle me fait me mettre à poil dans la rue, recouverte de faux sang. Pendant des heures. Pendant l’hiver. Et je m’en fiche. Car c’est pour Eva. Eva.

En fait, non. Non. Je recommence. Tout a commencé à Boston. Fin août. On venait d’arriver de Suisse. Fête de mariage de la mère de Josh. Je porte une robe rouge sans soutien-gorge et une tresse dans mes cheveux. J’ai froid et mes tétons sont visibles. « What kind of music do you like? » Weird shit, j’ai répondu. Nora commençait l’uni le lendemain. Elle fait des films. Elle a des origines grecques et des cheveux noirs frisés. Nora, elle a rencontré Grimes. Nora, elle est vegan. Nora, elle a une robe au décolleté fabuleux. Nora, elle a dix-sept ans. Nora, elle semble pourtant être dix fois plus mature que moi. Nora, elle a tout chamboulé. Je ne l’ai vue qu’une seule fois. Une seule fois. Une seule fois, et ma vie a changé. Nora.

Réveil en sursaut le lendemain. Josh est déjà parti en cours. Il doit être quatorze heures. Je suis seule. J’ai la gueule de bois alors que je n’ai rien bu. Je n’ai rien bu depuis deux ans. Je suis seule. Enfin presque. L’appartement est vide. Ma tête est remplie. Aucun bruit. A part les voix. Les voix. Les voix dans ma tête. Une en particulier. Une, plus forte que toutes les autres. Une, plus distincte que toutes les autres. Non pas une voix, mais un cri. Non. Un hurlement. Un hurlement incessant. Un hurlement incessant dans ma tête. Les larmes coulent sur mes joues.

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2016-04-28T03:00:00+02:00
http://jewel.journalintime.com/Merry-christmas Merry christmas. Yan s'est suicidé. Yan s’est suicidé.

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2013-12-23T22:20:57+01:00
http://jewel.journalintime.com/Monsieur Monsieur. Histoires courtes sur des relations passées. . . . L. Tu as déchiré mon hymen sur le siège arrière et j'ai saigné sur ma veste blanche. On mangeait des burgers en regardant des films sur ta télé cassée, posée parterre. Je n'arrêtais pas de voler les affaires à ta soeur car j'étais fascinée par elle et amoureuse d'elle. Je t'ai trompé. Tu as couché avec des prostituées. Je crois. On était défoncés à la weed la journée et défoncés aux pilules le soir. J'ai avorté de toi. J'ai essayé de rompre avec toi des millions de fois. Tu es entré par effraction chez moi pendant Histoires courtes sur des relations passées.
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L.
Tu as déchiré mon hymen sur le siège arrière et j’ai saigné sur ma veste blanche. On mangeait des burgers en regardant des films sur ta télé cassée, posée parterre. Je n’arrêtais pas de voler les affaires à ta soeur car j’étais fascinée par elle et amoureuse d’elle. Je t’ai trompé. Tu as couché avec des prostituées. Je crois. On était défoncés à la weed la journée et défoncés aux pilules le soir. J’ai avorté de toi. J’ai essayé de rompre avec toi des millions de fois. Tu es entré par effraction chez moi pendant que ma famille était en vacances en Espagne et tu as volé ma weed et je t’ai surpris et je n’ai pas été en cours pendant toute une semaine parce qu’on prenait de la drogue et tu me sodomisais 24h/24 mais ça allait parce que ton pénis n’était pas très gros. On se disputait et on se battait et je me réveillais souvent gonflée et écorchée au visage et sur les bras et sur les cuisses. Une fois tu m’as balancée dans les escaliers et je me suis levée et je suis sortie de chez toi sans dire un mot et tu savais que tu ne me reverrai jamais.
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N.
On s’est rencontrée dans un bar et une heure après on se rasait le pubis ensemble dans la douche et on faisait un plan à trois avec un mec qui avait une bite tordue. Je suis tombée amoureuse de tes seins presque inexistants et ton rire haut-perché, et toi tu es tombée amoureuse de moi. J’ai trompé des mecs avec toi et tu a déculpabilisé l’infidélité parce que ça semblait si naturel toi et moi. Tu avais un téléphone portable mais personne n’avait ton numéro. Je devais appeler chez toi et écouter ta folle de mère me parler en vietnamien à chaque fois que je voulais te parler. Tu avais un rat que tu emmenais partout avec toi dans ton capuchon et c’était drôle car tu étais si féminine et mignonne et rose à l’extérieur mais tellement punk à l’intérieur. J’ai réalisé que je ne voulais pas être en couple lorsque c’était déjà le cas et je t’ai brisé le cœur et tu es partie pour l’Australie.
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F.
On ne pouvait jamais regarder un film en entier car on était accro au sexe. Tu dormais dans la même chambre que ta petite sœur mais elle n’était jamais là. On fumait nus sur ton balcon. Tes parents ne parlaient pas français. On baisait bourrés et tu me crachais sur le visage et dans la bouche et je t’appelais "monsieur" et je te vouvoyais et tu me frappais même un peu. Je crois que tu étais un peu alcoolique. Tu avais des amis géniaux qui sont devenus mes amis. Je fantasmais sur l’un d’eux et à chaque fois qu’il était là je le fixais avec des yeux sexuels et il devait penser "mais elle est folle". J’étais plus triste de perdre tes amis que toi lorsque j’ai mis un terme à notre relation après ce nouvel an pourri à la montagne où on n’a pas baisé pendant une semaine parce que tu me répugnais.
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R.
On s’est rencontré en boîte. J’embrassais une fille et je dansais avec elle et je la touchais et je t’ai aperçu à travers la foule, tu me fixais. Tu es venu vers moi lorsque j’étais seule et tu dansais comme une merde et tu avais l’air ridicule mais j’avais bu et je t’ai trouvé drôle. Tu faisais pousser ta weed dans ton jardin et tes parents étaient des foncedés et tu avais des poules dans ta maison. Tu me baisais lorsque je n’en avais pas envie et le jour de ton anniversaire tu m’as forcée à te sucer et je l’ai fait alors que j’étais fâchée contre toi. Tu étais circoncis et tu étais laid lorsque tu jouissais. Tu étais obsédé par mes fesses et quand j’ai rencontré quelqu’un d’autre tu étais oublié en une seconde.

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2013-12-16T01:29:33+01:00
http://jewel.journalintime.com/Supplications Supplications. . . . "A gentleman knows when to hold his lady's hand, and when to pull her hair." . . . Mouais. Je vais plutôt bien. On se dispute beaucoup. J'ai envie de le frapper. Je le frappe. Il essaie de me maintenir. J'ai des bleus partout sur les bras. On hurle. On hurle. On hurle. Je m'excuse. Je m'excuse et je dis que suis désolée et je le pense tellement fort. Je suis folle. Je suis folle quand je suis en colère. Je suis folle de me mettre en colère. Il croit que je le hais. J'ai inversé les rôles. Je n'arrive pas à surmonter le passé. Je suis sur la défensive en permanence. En .
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"A gentleman knows when to hold his lady’s hand, and when to pull her hair."
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Mouais. Je vais plutôt bien. On se dispute beaucoup. J’ai envie de le frapper. Je le frappe. Il essaie de me maintenir. J’ai des bleus partout sur les bras. On hurle. On hurle. On hurle. Je m’excuse. Je m’excuse et je dis que suis désolée et je le pense tellement fort. Je suis folle. Je suis folle quand je suis en colère. Je suis folle de me mettre en colère. Il croit que je le hais. J’ai inversé les rôles. Je n’arrive pas à surmonter le passé. Je suis sur la défensive en permanence. En permanence. Dès le moment où je crois qu’il est irrité ou fâché ou saoulé contre moi, j’explose. Je lui en veux de ressentir la moindre émotion négative à mon égard. Car il l’a fait pendant tellement longtemps. Des mois et des mois. En permanence. On hurlait. On hurlait. On hurlait. Je me prenais tout dans la gueule. Je l’avais mérité. Maintenant c’est fini. Ma tête, et même mon corps, refuse le blâme. C’est épidermique. Je bous. Je hurle. Je hurle. Je hurle. "NON !" Le pire, c’est que dans la majorité des cas, tout se passe dans ma tête. Je le vois fâché, je le jure, mais ce n’est pas la réalité. Je suis une enfant. Une enfant. Et Josh est mon papa et j’ai tellement peur qu’il soit en colère contre moi que je trouve inconsciemment une raison d’être en colère contre lui avant. Je veux qu’il soit fâché pour que je puisse être fâchée. Je veux gagner. Je veux être celle qui est en colère et je veux gagner. Je veux des excuses. Je veux des supplications. Je veux être puissante. Je ne veux plus être la victime. Je veux être le bourreau. L’enfant-bourreau qui fait des crises au supermarché. Qui pleure et qui tape. Et Josh est mon papa qui refuse de se soumettre à mes infanteries et je le hais pour ça. Je l’adore et je le hais pour ça.
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Putain et ça fait une semaine qu’on n’a pas baisé.

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2013-11-04T01:07:00+01:00
http://jewel.journalintime.com/puppy Puppy. . . . . You will fall in love with the old couple down the street because to you they represent the impossible: a stable, long-lasting love. . . La fin approche. Je le sens. Je me sens. Je vois comment je suis avec lui. Je pars au quart de tour à chaque occasion. A chaque mot qu'il dit de travers. Je crois que je ne le supporte juste plus. J'ai croisé Bastien hier. Il a trouvé un job dans un supermarché où il est payé vingt-trois francs de l'heure, cinq de plus que moi, et je me suis imaginé postuler là-bas, gagner beaucoup plus et baiser avec lui dans l'arrière-boutique. Je .
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You will fall in love with the old couple down the street because to you they represent the impossible : a stable, long-lasting love.

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La fin approche. Je le sens. Je me sens. Je vois comment je suis avec lui. Je pars au quart de tour à chaque occasion. A chaque mot qu’il dit de travers. Je crois que je ne le supporte juste plus. J’ai croisé Bastien hier. Il a trouvé un job dans un supermarché où il est payé vingt-trois francs de l’heure, cinq de plus que moi, et je me suis imaginé postuler là-bas, gagner beaucoup plus et baiser avec lui dans l’arrière-boutique. Je fantasme sur le célibat. Je fantasme sur tout ce qui bouge. Je passe mes journées à espérer croiser Sam, le sécu des trains qui veut aller boire un verre avec moi. Je suis folle Je deviens folle. Je n’ose pas imaginer ma vie avec Josh. Je n’ose pas imaginer ma vie sans Josh. Je n’ose pas imaginer ma vie sans nouveau premier rancard, premier baiser, premiers sentiments, première baise. Le plaisir de découvrir un inconnu. Un corps. Une personnalités. Des points communs. Je suis malheureuse. J’ai tellement galérer dans cette relation. J’ai foiré au départ et il me l’a fait payer pendant sept mois. Sept mois. Sept mois durant lesquels il n’avait aucun plaisir à être avec moi. Durant lesquels il parlait chaud à d’autres filles. Durant lesquels il n’a pas une seule fois montré le moindre désir sexuel pour moi. Sept mois de crises injustifiées pour lesquelles je finissais toujours par m’excuser. Sept mois durant lesquels j’ai dû tout me prendre à la gueule sans jamais me rebeller car il avait le droit de m’en vouloir. Sept mois de supplications, pardonne-moi, fais-moi confiance, plus jamais je te jure. Sept mois de froid. Il était froid. Glacial. Cadavérique. Sept mois à m’endormir sans qu’on ait baisé. Et moi, en pleurs. Et lui, qui disait que c’était moi qui faisait tout un plat du sexe. Et lui, qui m’a fait croire que j’étais conne d’être malheureuse parce que mon mec ne proposait jamais de baiser. Et lui, qui m’a fait croire que c’était normal et que c’est moi qui suis folle. Puis il m’a pardonné. Il m’a pardonné parce que je le lui ai ordonné et menacé et que je n’en pouvais plus. Il m’a pardonné. Il a changé. Il parle de cul. Il m’aime. Il est heureux. Et me voilà, à écrire dans le noir avec pour seul lumière la flamme d’une bougie, en attendant qu’il arrive. En attenant qu’il arrive alors que je n’ai pas envie de le voir. Je crois que j’étais pendant tout ce temps trop occupée à prendre les baffes tout en continuant à m’excuser que je n’ai pas réalisé que je ne veux plus vraiment de lui. Maintenant que sa vengeance est terminée, je me rends compte de l’enfer qu’il m’a fait endurer et à quel point il m’a dégoûté.

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Il est arrivé. J’ai fondu en larmes dès le moment où je l’ai vu. Sans qu’il eut même le temps de passer la porte. On a parlé. J’ai failli rompre avec lui. Je lui ai dit que je suis malheureuse. Je lui ai dit que je n’ai plus vraiment envie de sexe et que ce n’est pas normal et que j’ai l’impression de devenir comme toi tu étais pendant sept mois. Amer. Je lui ai dit que je suis fâchée contre lui. Il a senti la fin. Il a eu peur. J’ai failli rompre avec lui mais je n’ai pas osé. A la place, je l’ai laissé me lécher. Puis on a baisé. Dans mon jardin, sous les arbres. Sous la lune. Sous la fenêtre de Caro. J’ai simulé. Puis je l’ai laissé éjaculer partout sur mon visage et sur mes bras. Puis on s’est rhabillés. Mon jeans était plein d’herbe et de feuilles mortes. Puis on a recommencé à parler. Il m’a décrit le chiot qu’il veut m’offrir. Puis il a parlé de l’amour qu’il me porte. Puis je lui ai dit que moi aussi je t’aime. Et j’ai ressenti l’envie de me battre un peu plus pour retrouver mes sentiments pour lui. Parce qu’il n’est pas mal du tout, quand même. Et il m’aime de tout son coeur. Il m’a dit qu’il avait retrouvé sa passion pour moi et qu’il était prêt à tout, même à assouvir mes fantasmes sexuels bizarres. D’ailleurs il dit qu’il a des idées tout aussi bizarres que les miennes mais j’y crois moyen. Il m’a appelée l’amour de sa vie. Il m’a appelée l’amour le plus fou qu’il a jamais eu. Il a dit qu’il est heureux. Ce matin, au travail, il m’a envoyé un message pour me dire qu’il pensait à moi. Ce matin, au travail, Sam n’est pas passé prendre son café et j’étais soulagée. Car j’aurais dû lui dire que, tout compte fait, même si ça m’aurait fait plaisir, même si je baiserais bien avec toi, je ne peux pas aller boire un verre parce que j’ai un mec. Un mec qui m’aime beaucoup, beaucoup.

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2013-09-27T12:25:00+02:00
http://jewel.journalintime.com/Coffee Coffee. . . . I do not trust people who don’t love themselves and yet tell me, ‘I love you.’ There is an African saying which is: 'Be careful when a naked person offers you a shirt.' . . - Ça me fait plaisir de te voir. - Moi aussi. I'm a helpless romantic. Il suffit que l'agent de sécurité qui passe à mon magasin tous les jours me demande d'aller boire un verre pour que je m'imagine un futur incroyable avec lui. Il a la trentaine. Il boit beaucoup de café. Il s'appelle Sam et on se tutoie. Ma soeur dit qu'il a un enfant mais j'y crois moyen. - Une autre fois, j'ai répondu. Dans le .
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I do not trust people who don’t love themselves and yet tell me, ‘I love you.’ There is an African saying which is : 'Be careful when a naked person offers you a shirt.'

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- Ça me fait plaisir de te voir.
- Moi aussi.

I’m a helpless romantic. Il suffit que l’agent de sécurité qui passe à mon magasin tous les jours me demande d’aller boire un verre pour que je m’imagine un futur incroyable avec lui. Il a la trentaine. Il boit beaucoup de café. Il s’appelle Sam et on se tutoie. Ma soeur dit qu’il a un enfant mais j’y crois moyen.

- Une autre fois, j’ai répondu.

Dans le train, en rentrant du travail j’ai remis ma relation avec Josh en question. Tout ça parce qu’un inconnu s’intéresse à moi. J’ai pesé le pour et les contre. Je me suis dit que, Josh et moi, on a quand même beaucoup de choses en commun. La passion des tatouages, les mêmes goûts musicaux, la même attirance pour le sombre, l’obscur. Le végétarisme. Une bonne alchimie sexuelle. En général.
Mais j’ai envie de ce verre avec Sam. Comment pourrais-je risquer de manquer quelqu’un d’incroyable ? Ou si ça se trouve, on n’a absolument rien en commun. Si ça se trouve, il aime le foot et les saucisses de veau et il a une petite queue. Ça me terrifie. Comment savoir qui vaut la peine de poursuivre quelque chose qui part d’une simple attirance physique ? Comment savoir que, en refusant ce verre par respect pour Josh, je ne vais pas passer à côté l’homme de ma vie ? Je suis folle. Il parle d’un verre et je le vois en tant que potentiel mari. Je suis folle. Je passe mon temps à me faire des scénarios. A imaginer les vies différentes qui se présentent à moi. Et ça me terrifie. Comment savoir ? Cette simple décision peut changer le cours de ma vie.

J’ai besoin de dormir.

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2013-09-20T12:08:00+02:00
http://jewel.journalintime.com/Five-cents Five cents. Mon alarme sonne. J'ouvre les yeux mais ça fait trois heure et demi que je suis réveillée. Je me lève. Je titube. J'ai l'impression d'avoir la gueule de bois. Je n’emmitoufle dans ma couverture imitation fourrure noire à deux cents balles tellement douce. J'ai froid. Flemme de prendre une douche. Flemme de manger. Flemme de m'habiller correctement. J'enfile un legging noir, un long t-shirt noir, des tongs. Je mâche mon toast avec difficulté et jette la moitié dans la poubelle. Un café dans un gobelet en plastique et je pars de chez moi. Il est 5h20. Il est 5h20 et je vais au Mon alarme sonne. J’ouvre les yeux mais ça fait trois heure et demi que je suis réveillée. Je me lève. Je titube. J’ai l’impression d’avoir la gueule de bois. Je n’emmitoufle dans ma couverture imitation fourrure noire à deux cents balles tellement douce. J’ai froid. Flemme de prendre une douche. Flemme de manger. Flemme de m’habiller correctement. J’enfile un legging noir, un long t-shirt noir, des tongs. Je mâche mon toast avec difficulté et jette la moitié dans la poubelle. Un café dans un gobelet en plastique et je pars de chez moi. Il est 5h20. Il est 5h20 et je vais au travail. J’ai dormi quatre heures et je vais au travail. Je vais au travail pour neuf heures d’affilée, debout. A 5h20 à la gare, on sent la compassion dans le regard des gens qui croisent mon chemin et hochent la tête en guise de bonjour, et je compatis pour eux aussi. Un sentiment de "on est tous dans la même merde", et ça aide un peu. Et puis, c’est silencieux. Neuf heures de bonjour, 4,70 s’il vous plaît, rouge ou light les Winston ? merci, au revoir, bonne journée/soirée bon après-midi/dimanche/weekend. Neuf heures de petit peuple sans manières et incapable de me regarder dans les yeux lorsqu’il ne répond pas à mes formules de politesse à la con et qu’il tend la main sous mon nez pour récupérer sa petite monnaie qu’il recomptera soigneusement parce que je suis jeune et blonde et que les jeunes et les blondes c’est con. Neuf heures de remplissages de bonbons, chocolats, chips, sandwiches, boissons. Deux rangées de huit pour chaque boisson. Je note soigneusement tout ce qui manque. J’arrive avec mon panier de dix kilos remplis de merdes de Coca light et Fanta fruit du dragon-goyave tandis qu’un connard attrape son sucre à l’eau et fait foirer toute ma liste et que je dois retourner chercher derrière. Je rêvasse à ma caisse et me fait engueuler par ma supérieure parce qu’il faut faire ci et ça et que ce minable boulot c’est toute sa vie, d’ailleurs ça fait treize ans qu’elle est là. Puis il faut remplir les clopes. Les Marlboro, surtout. Parce que tout le monde fume des Marlboro. Parce que c’est américain et que l’Amérique c’est cool. Les nouvelles clopes saines sans additifs, on y croit. J’aimerais un cancer bio s’il vous plaît mademoiselle. Les clients qui te tutoient, aussi. Les Français qui veulent payer le prix françé avec leur argent françé et qu’on leur rende la monnaie françése aussi. "On est en Suisse, monsieur." Les Portugais, Allemands, Yougoslaves, Congolais qui me parlent tout naturellement dans leur dialecte de campagne de l’est et qui s’étonnent que je ne les comprends pas. Les clodos qui empestent et qui restent une demi-heure dans le magasin. Ceux qui croient que c’est moi qui fixe les prix astronomiques et qui sont en colère et qui croient que dire "c’est cher" leur donne droit à un bon de réduction immédiate (non cumulable). Les joueurs de PMU avec leur quinté spot de merde et leur va-et-viens toute la journée pour redépenser leur minable somme gagnée. Les toxicos qui paient leur tabac à rouler en pièces de cinq centimes à l’heure de pointe.

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2013-09-08T21:57:34+02:00
http://jewel.journalintime.com/Handcuffs Handcuffs. . . . "Et si mon père a posé des crucifix sur les murs de mon appartement, c'était surtout pour continuer à assurer une surveillance sur moi et informer les visiteurs de sa présence, rien ne sera dit que je n'entende, rien ne sera fait que je ne voie, par ce corps émacié du Christ, et moi je n'ai jamais compris qu'on puisse avoir un mort pour dieu." . Avec Josh, ça va mieux. Je dis mieux parce que jusqu'à hier ce n'était pas trop ça. On a passé un festival ensemble et ce n'était pas terrible. J'ai pleuré plusieurs fois. Une fois, on s'est hurlé dessus au milieu de tout le .
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"Et si mon père a posé des crucifix sur les murs de mon appartement, c’était surtout pour continuer à assurer une surveillance sur moi et informer les visiteurs de sa présence, rien ne sera dit que je n’entende, rien ne sera fait que je ne voie, par ce corps émacié du Christ, et moi je n’ai jamais compris qu’on puisse avoir un mort pour dieu."

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Avec Josh, ça va mieux. Je dis mieux parce que jusqu’à hier ce n’était pas trop ça. On a passé un festival ensemble et ce n’était pas terrible. J’ai pleuré plusieurs fois. Une fois, on s’est hurlé dessus au milieu de tout le monde. J’ai horreur de ça. J’ai horreur que tout le monde nous regarde. Il en avait marre de moi. Je sentais sa perte d’intérêt. Je sentais son épuisement quant à cette dispute. Cette même dispute que l’on a à chaque fois. Toujours la même. Encore et encore et encore. A propos de moi qui ai besoin d’une énorme attention de sa part. D’un énorme réconfort émotionnel. Qu’il est réticent à me donner. A propos de lui qui est incapable de me faire confiance. De faire confiance à qui que ce soit. A propos de moi qui le vois s’éloigner petit à petit. A propos de nous, qui sommes incapables de vraiment, réellement communiquer. A propos de moi qui veut hurler "tu vas me perdre" tout en pensant : vais-je le perdre ? A propos de lui qui a beaucoup trop de fausse dignité pour prendre le risque de me croire lorsque je lui dis "tu es le seul". Tu es le seul. Je te veux à moi seule pour le restant de mes jours. A propos de mes ivresses passées qui rendent pour lui invivables mes ivresses présentes. La manière dont je parle. Dont je regarde. Dont je dégage quelque chose qui l’effraie. A propos de lui qui ne me propose plus de faire l’amour. Faire l’amour. On ne fait pas l’amour. On fornique. A propos de moi qui suis irrationnelle. Hyperémotive. Hypersensible à tout ce qu’il dit, à tout ce qu’il fait. A tout ce qui ne va pas dans mon sens. A ces fois où il me dit non et que mon monde s’écroule.

Avec Josh, ça va mieux. Ça va mieux parce qu’on a baisé comme dans un porno hier soir et qu’il m’a dit qu’il veut me rendre heureuse à nouveau. Il a parlé de sextoys, de menottes, de caméra. Il a à nouveau de l’intérêt pour le sexe et ça me réchauffe le coeur. Avec Josh, ça va mieux. Ça va mieux parce qu’on ne se voit jamais. On se manque. Je crois. Je crois que c’est ça.

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2013-08-01T23:59:00+02:00
http://jewel.journalintime.com/Bathing-suit Bathing suit. We live in a society that try to teach our daughters not to get raped... instead of teaching our sons not to rape. . . Je n'arrive pas à lui parler. Je viens de l'appeler, avec l'intention de discuter un peu de mon viol. J'ai vu quelques images, quelques phrases sur le sujet sur Internet ce soir et ça m'y a beaucoup fait penser. Je me rejoue la scène. Encore et encore. Mon bas de maillot sous mon jean. Un coup de tête dans le nez. Crac. Fontaine de sang sur mon top kaki un peu trop grand. Top que je n'ai jamais réussi à remettre. Je n'arrive pas à lui parler. Surtout pas par

We live in a society that try to teach our daughters not to get raped… instead of teaching our sons not to rape.

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Je n’arrive pas à lui parler. Je viens de l’appeler, avec l’intention de discuter un peu de mon viol. J’ai vu quelques images, quelques phrases sur le sujet sur Internet ce soir et ça m’y a beaucoup fait penser. Je me rejoue la scène. Encore et encore. Mon bas de maillot sous mon jean. Un coup de tête dans le nez. Crac. Fontaine de sang sur mon top kaki un peu trop grand. Top que je n’ai jamais réussi à remettre.

Je n’arrive pas à lui parler. Surtout pas par téléphone. Il n’arrive pas à décrocher les yeux de son ordi et semble du coup absent. Il met plusieurs secondes à répondre et ça me tend. Je perds patience. Je fais la conclusion hâtive qu’il n’a pas vraiment envie de parler. Du coup, moi non plus. Du coup, on ne parle pas. Nos conversations téléphoniques ne servent à rien. Et pourtant, je m’acharne à réessayer chaque soir. I’m a needy person. Tentant de m’enfuir, les fringues pleines de sang, je me pète la gueule. Je suis encore un peu bourrée. Un sécu accoure et m’immobilise alors que je me débats. Je suis hystérique.

"Vu comme vous êtes habillée...."

J’ai envie de lui parler, pourtant. J’ai besoin de lui parler. C’est mon mec. C’est la seule personne au monde avec qui j’ai envie d’en parler. Avec qui je suis prête à en parler. Mais je n’y arrive pas, et le problème vient de moi. Il serait peut-être ravi de m’écouter. Mais je semble trouver des prétextes pour reporter la discussion. Et je suis triste. Je ressens de la tristesse en ce moment. C’est sans doute aussi la fatigue. On a pas beaucoup dormi. Cela fait deux ans que je n’en ai pas parlé. Mon ex Francisco insistait pour qu’on aille à ce festival. Je ne voulais pas et il ne comprenais pas pourquoi. J’ai donc dû lui expliquer. Lui expliquer pourquoi je ne veux plus jamais y retourner. Il est la seule personne qui me croit, avec ma soeur. C’est ça le plus dur, je crois. Personne ne m’a crue. Le lendemain, au poste de police : "Que portiez-vous ?" Bande de cons. Bande d’attardés. De crevures. D’imbéciles. De salauds. D’enfoirés. De bouffons. D’abrutis. De crétins. D’enflures. D’assistés. De blaireaux. De connards. De raclures. De ploucs. De minables. De pourritures. De clowns. Ces flics, c’étaient des clowns. Des sales gueux. Des merdes. Tout comme l’autre gars, ils n’ont pas compris que le "non" d’une fille bourrée a tout autant de valeur que le "non" d’une fille sobre. Tout comme l’autre gars et ce putain de sécu, ils n’ont pas compris que le "non" d’une fille habillée en minijupe a tout autant de valeur que le "non" d’une fille en combinaison de ski. "Que portiez-vous ?" Un jean. Un top dévoilant légèrement mon maillot de bain. Des baskets. J’aurais pu avoir un porte-jarretelles, ça n’aurait pas justifié son acte. J’aurais pu être droguée, inconsciente, dans le coma, ça n’aurait pas justifié son acte. Je suis d’accord que certains comportements peuvent être à risque. Mais il ne faut jamais, jamais oublier que la victime d’un viol reste la victime. Et qu’il ne faut en aucun cas excuser un violeur parce qu’une jupe était un peu trop courte. C’est le violeur qui crée le viol, et pas la victime. Pas de viol sans violeur.

Putain.

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2013-06-12T17:23:00+02:00
http://jewel.journalintime.com/Karma Karma. "Surtout ne pas avoir peur de se répéter, deux ou trois idées suffisent pour remplir une seule tête, pour orienter toute une vie." - Nelly Arcan . . . Oh putain que je vais bien. Je vais bien. Je vais bien. Je vais bien. Ça fait bizarre. Je fais un énorme travail sur moi-même. Tout à commencé quand je parlais avec mon frère Aaron. Aaron fait des études de psychologies et j'apprécie beaucoup nos conversations sur les gens, sur la vie. D'ailleurs, c'est son anniversaire aujourd'hui. Il m'a conseillé un livre de développement personnel qui a pour but de booster l'estime de soi

"Surtout ne pas avoir peur de se répéter, deux ou trois idées suffisent pour remplir une seule tête, pour orienter toute une vie."
- Nelly Arcan

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Oh putain que je vais bien.

Je vais bien. Je vais bien. Je vais bien. Ça fait bizarre. Je fais un énorme travail sur moi-même. Tout à commencé quand je parlais avec mon frère Aaron. Aaron fait des études de psychologies et j’apprécie beaucoup nos conversations sur les gens, sur la vie. D’ailleurs, c’est son anniversaire aujourd’hui. Il m’a conseillé un livre de développement personnel qui a pour but de booster l’estime de soi en s’autorisant à être imparfait. Je suis encore ne train de le lire, mais il m’a déjà énormément aidée. Aidée à dire ce que je pense. A dire non. A dire que je ne sais pas. A accepter mes petites imperfections. Ensuite, j’ai décidé de redevenir végétarienne. Et ça me rend tellement heureuse. Je me sens mieux dans mon corps. Je mange plus sainement depuis. Beaucoup de fruits, beaucoup de légumes. Beaucoup d’eau. Et je ressens un bonheur indescriptible lorsque je me dis : "Je ne mange pas d’animaux." Moi qui crois un peu au karma, ça me fait un bien fou. Puis, plus récemment, j’ai décider d’adopter la pensée positive et les manifestations. Penser positif pour attirer le positif. Et je vais bien. Je vais bien. J’ai trouvé un job. J’ai fait le tri dans mes amis. Je contrôle mieux ma colère. J’ai deux nouveaux tatouages pour symboliser cette renaissance. Chaque soir, je m’allonge dans mon lit et pense aux bonnes choses de ma journée. Et aux bonnes choses du lendemain. Quand je suis dehors, fini le iPod. J’écoute. Je sens. Je regarde. Je touche. Dans mon jardin, je tente la méditation, même si j’ai encore besoin d’entraînement. Je vais bien. C’est pas si dur, en fait. C’est tout dans la tête.

Je suis folle amoureuse de Josh. Ça fait bientôt huit mois. Son demi-frère, William, est venu une semaine en visite. J’ai eu de la peine à accepter de ne plus être la priorité de Josh, mais ça a bien fini. Je les ai laissé passer le plus de temps possible entre frères. Je me suis fait discrète. Je me suis seulement rendue chez Josh une heure par jour pour baiser et être un tout petit peu ensemble. Mais il me manque énormément. William repart aujourd’hui. Je me réjouis de retrouver mon amoureux. A la maison, ça ne va pas très bien entre mes parents. Mom va prendre son propre appartement dès la fin de l’été. Ca m’a un peu choquée, mais ça fait des années que j’attends ce moment. C’est pour le mieux, alors je suis contente. J’ai juste peur pour Dad. J’ai peur qu’il crève de solitude. Dans tous les cas, je serai là pour lui.

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2013-05-05T18:05:59+02:00
http://jewel.journalintime.com/Sedative Sedative. "- First you have your generic depressives. They're a dime a dozen and usually pretty boring. Then you've got the bulimics and the anorexics. They're slightly more interesting, although usually they're just girls with nothing better to do. Then you start getting into the good stuff: the arsonists, the schizophrenics, the manic-depressives. You can never quite tell what those will do. And then you've got the junkies. They're completely tragic, because chances are they're just going to go right back on the stuff when they're out of here. - So junkies are at the top of the crazy chain ? - Uh-uh.

"- First you have your generic depressives. They’re a dime a dozen and usually pretty boring. Then you’ve got the bulimics and the anorexics. They’re slightly more interesting, although usually they’re just girls with nothing better to do. Then you start getting into the good stuff : the arsonists, the schizophrenics, the manic-depressives. You can never quite tell what those will do. And then you’ve got the junkies. They’re completely tragic, because chances are they’re just going to go right back on the stuff when they’re out of here.
- So junkies are at the top of the crazy chain ?
- Uh-uh. Suicides are.
- Why?
- Anyone can be crazy. That’s usually just because there’s something screwed up in your wiring, you know ? But suicide is a whole different thing. I mean, how much do you have to hate yourself to want to just wipe yourself out?”

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Aujourd’hui, j’ai fait l’amour avec Josh et c’était à chier.

J’ai beaucoup de soucis.Tout le long, j’avais l’esprit ailleurs. Dernièrement, j’en n’ai plus rien à faire du sexe. Avant, je pétais un câble lorsqu’on ne baisait pas tous les jours. Maintenant peu importe. Maintenant je m’en fous. C’était maladroit. Ça sentait l’effort. Je pensais à autre chose, en regardant le plafond. Il s’en est rendu compte. Il est devenu mou. C’était à chier. Tout simplement à chier.

J’ai perdu un ami. Ou plutôt, j’ai décidé de le rayer de ma vie. Ça faisait un moment que ça n’allait plus. Problèmes de jalousie. Il ne supporte pas le fait que je l’aie friendzoned. Il ne supporte pas le fait qu’il n’ait jamais réussi à coucher avec moi. Il ne supporte pas le fait que j’aie un copain. Il ne supporte pas le fait que je me sois assagie. Il ne supporte pas le fait que je ne consomme plus de drogues ou d’alcool. Ça réduit ses chances. Car quand je suis pétée, j’ai tendance à être soudainement attirée par mes amis. Il ne supporte pas le fait qu’il ne soit plus une priorité. Il ne supporte pas le fait qu’il n’est plus la personne avec qui je souhaite passer tout mon temps. Il ne me supporte plus. Il réagit à ce rejet par de l’agressivité. Du coup, je ne le supporte plus non plus.
On s’est vus la semaine passée, chez lui. On était censés bosser pour notre dossier super important, mais on n’a rien foutu. On a juste parlé. On a rigolé. Il m’a fait écouter ses projets de musique. Il est musicien. Il est talentueux. Il a bientôt un gig à Paris. On a passé un bon moment. On s’est réconciliés, presque. Je croyais. Mais il m’a trahie. Il m’a poignardée dans le dos. Il a tout foutu en l’air. Il a profité que je sois malade pour aller cracher sur ma gueule au professeur qui va me juger pour mon dossier. Mon dossier, qui a la même valeur qu’un examen de fin d’année. Mon dossier. Et non plus notre dossier. Parce qu’il m’abandonne. Il a décidé de faire un truc de son côté. A une semaine et demie de l’échéance. Petit con. Il m’abandonne. Il est allé pleurnicher vers le prof. Comme quoi je ne fais rien. Alors que, clouée au lit, j’ai écrit neuf pages en deux jours. Alors qu’il n’a pas écrit une seule ligne. Quand je pense que je n’étais même pas présente pour me défendre. Il m’a trahie. Pauvre gars. Blâmer l’autre parce qu’on n’assume pas. Bref. J’ai perdu un ami. Ou plutôt, c’est lui qui m’a perdue.
Pour travailler, je suis beaucoup plus efficace sans lui. Au final, je suis donc assez contente de me retrouver seule pour ce dossier. Mom m’aide beaucoup. Malgré le fait qu’elle soit pétée aux médocs et au vin rouge, elle est intelligente. Mais Bastien et moi, c’est fini. J’ai envie de lui casser le nez. C’est mort. C’est fini. C’est Josh qui va être content. Il avait de la peine avec le fait que mon meilleur ami, avec qui je traîne tous les jours, veuille me baiser. Bastien est un putain de frustré. Bastien est un putain de mytho. Le soir où j’ai rencontré Josh pour la première fois, Bastien l’a pris dans un coin et lui a dit : "Tu sais, Jewel et moi on a déjà baisé une fois, et je l’ai fait crier tellement fort que maintenant sa mère me déteste." Putain de mytho. C’est fini.

J’ai énormément de travail pour l’uni. Le dossier, les examens. J’ai séché les deux derniers jours de cours pour réviser chez Josh, pendant qu’il était au travail. J’ai beaucoup avancé. Je suis contente. Je suis angoissée. Mom m’a donné des Tranxilium. Je suis un peu pétée.

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2013-02-28T00:46:59+01:00
http://jewel.journalintime.com/bastien McDonald's. А мне бы снегом в ладони нежно твои ложиться. А мне бы в небе в полёте лёгком свободном кружиться. . Aujourd'hui, mon grand-papa est mort. Bastien. J'en ai ras le cul. Je n'y peux rien s'il n'a jamais réussi à me baiser. Il ne me plait pas, c'est tout. Get over it. Bastien. Grand. Mince. Cheveux noirs en bataille. Fringues un peu bizarres. Cerveau de meuf. Quand on est devenus amis, c'était l'osmose parfaite entre nous. On s'entendait à merveille. On s'appelait tous les jours. On ne pouvait pas se quitter.

А мне бы снегом в ладони нежно твои ложиться. А мне бы в небе в полёте лёгком свободном кружиться.

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Aujourd’hui, mon grand-papa est mort.

Bastien. J’en ai ras le cul. Je n’y peux rien s’il n’a jamais réussi à me baiser. Il ne me plait pas, c’est tout. Get over it. Bastien. Grand. Mince. Cheveux noirs en bataille. Fringues un peu bizarres. Cerveau de meuf. Quand on est devenus amis, c’était l’osmose parfaite entre nous. On s’entendait à merveille. On s’appelait tous les jours. On ne pouvait pas se quitter. Ridicule. C’est mon meilleur ami. C’était mon meilleur ami. Certes, un meilleur ami n’aurait jamais essayé de me choper. Mais on a toujours eu cette connection bizarre entre nous. D’ailleurs, la plupart des gens pensaient qu’on était en couple. Beaucoup de câlins. Des allusions sexuelles en permanence. On se marrait tellement. Mon meilleur ami. On s’est embrassés quelques fois en soirée. Une fois, en rentrant de boîte et juste après avoir quitté sa copine, il est venu chez moi et m’a fait jouir avec sa langue. Je le mettais à chaque fois sur le compte de l’alcool. Bref. J’ai rencontré ce mec. Remi. Je suis sortie avec lui quelques mois. Bastien me demandait parfois : "Tu te vois vraiment sortir avec ce gars pendant des années ?" Oui, peut-être. On verra. Bastien et moi, on s’entendait encore plutôt bien à cette époque. Puis je suis partie aux Etats-Unis pendant un mois. Remi aussi, mais pas au même endroit. Puis je suis rentrée, lui pas. Puis je suis allée en soirée. J’ai bu. Beaucoup. Mon dernier souvenir : j’embrasse Bastien devant le club. Trou noir. Je me réveille le lendemain, encore bourrée. Je suis dans le lit d’un inconnu. Une femme est en train de gueuler au téléphone dans la pièce d’à côté. Je n’ai plus mon string. Ni mon tampon. On a baisé. La technique de la non-épilation pour me dissuader de tromper mon copain n’a pas marché. L’inconnu se réveille à son tour. Il parle anglais. Il est métisse. Il a des piercings. Je me rappelle l’avoir déjà aperçu auparavant. On s’habille et il me raccompagne à la gare. Quarante minutes de marche en plein soleil. On parle beaucoup. Je sens la gueule de bois doucement arriver. Il est sympa. Il est beau. J’ignore si c’est à cause l’alcool dans mon sang, mais je suis tombée amoureuse de lui. Josh. Aujourd’hui, ça fait six mois qu’on est ensemble.

Josh et Bastien se connaissaient déjà avant. Ils étaient tous les deux DJ résidents de cette boîte où on va tous les weekends. Ils étaient assez potes. Ils m’ont tous les deux raconté leur version de la soirée. Je ne sais pas vraiment qui croire. Je ne me rappelle de rien. Josh dit qu’il m’a vu danser collé-serré avec Bastien. Et que j’avais ma main sur sa bite. Puis, qu’une fois que j’ai fait connaissance avec Josh, j’ai complètement oublié Bastien. Il l’a très mal pris. Il prend Josh à part. Ils parlent. Bastien dit qu’il a déjà baisé avec moi. Et qu’il me ramène chez lui ce soir. Josh se marre et me propose d’aller chez lui. J’accepte. Pendant tout le trajet, Bastien m’envoie des messages désespérés. "Tu m’as tué." J’arrive chez Josh et on baise.
Le lendemain, Josh me ramène à la gare. Une fois chez moi, j’efface les messages par peur que Remi découvre ce qu’il s’est passé avant que je le lui dise moi-même. J’appelle Bastien. Il me fait la gueule. Je m’excuse. Je quitte Remi. Je me mets avec Josh. Tout allait bien. Tout allait bien avec Bastien. Tout allait bien avec Josh. On faisait des soirées les trois. On rigolait beaucoup. Puis Bastien est devenu bizarre. Avec moi. J’ignore quel a été l’élément déclencheur, mais il ne me supportait plus. Mon meilleur ami ne me supportait plus. Il était irritable. Agressif. Tellement agressif que je lui ai gueulé dessus au milieu du McDo. "Putain Bastien, j’crois qu’il faut vraiment que tu baise, parce que t’es beaucoup trop agressif et j’en ai ras le cul." Depuis il s’est un peu calmé avec moi. Mais on ne s’entend plus. Plus du tout. Depuis il s’en prend à Josh. Depuis il n’arrête pas de critiquer Josh. Mais jamais en face. Uniquement avec moi. Coward.

Et demain. Demain je pars une semaine en vacances avec lui. Lui et mes autres amis. Une semaine. Je ne peux plus le saquer. Il ne peut plus me saquer. Ça va être explosif.

Aujourd’hui, mon grand-papa est mort. Nonno. Il avait 95 ans et un cancer. J’ai un peu pleuré. On était pas du tout proches. Je le vouvoyais. L’enterrement est mardi. Je ne pourrai pas y assister. Je serai en Angleterre et c’est trop compliqué de faire l’aller-retour. Il ne me reste qu’une grand-mère. Ma grand-mère russe. Et je ne l’aime pas.

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2013-02-10T23:15:00+01:00
http://jewel.journalintime.com/bonne bonne "You better call the police. Call the coroner. Call up your priest. Have them warn ya, won’t be no peace, when I find that fool. Who did that to you ? My baby. Who did that to you ? Gotta find out, fool, who did that to you." Mouais. Django Unchained. Fabuleux. Tarantino est définitivement mon réalisateur préféré. Django Unchained. En compétition avec mon film culte, Death Proof. C'est dire. Je vais bien. Je vais en cours. Je suis pendant les cours. Je m'intéresse à mes cours. Je me sens très sociable. Je parle avec tout le monde. Je me sens jolie. Je me sens bonne. Les mecs me

"You better call the police. Call the coroner. Call up your priest. Have them warn ya, won’t be no peace, when I find that fool. Who did that to you ? My baby. Who did that to you ? Gotta find out, fool, who did that to you."

Mouais.

Django Unchained. Fabuleux. Tarantino est définitivement mon réalisateur préféré. Django Unchained. En compétition avec mon film culte, Death Proof. C’est dire.

Je vais bien. Je vais en cours. Je suis pendant les cours. Je m’intéresse à mes cours. Je me sens très sociable. Je parle avec tout le monde. Je me sens jolie. Je me sens bonne. Les mecs me regardent. Les filles aussi. J’ai un mini crush sur une fille à qui j’ai parlé pour la première fois aujourd’hui. Une amie de Aude. Emma. Elle est toute petite. Toute mince. Des petits seins. Beaucoup de noir autour des yeux. Jolie. Adorable. Au moins deux ans plus jeune que moi. J’adore. Elle s’est fait dépuceler par mon meilleur ami. Elle était bourrée. J’ai tellement engueulé Bastien. Elle doit être hétéro. Quoique. J’ai bien un copain, moi. Coucher avec des filles me manque. Pas les relations sérieuses. Je m’entends mal avec les filles, en général. Mais coucher avec des filles me manque. Surtout que j’aime avoir le pouvoir de temps en temps. Quand je couche avec une fille, c’est moi qui la baise. Il y a une autre fille qui m’intéresse. Je ne sais même pas son nom. Elle est un peu garçonne, mince, brune. Super jolie. Mais elle écoute du BB Brunes alors j’ai un peu envie de vomir. Les filles me manquent. Les formes féminines me manquent. Je ressemble à un mec, à mater tout ce qui bouge.

Je suis amoureuse de Josh, pourtant. Je l’aime. On a eu un weekend riche en émotion. On s’est engueulés très violemment vendredi. En pleine rue. Tout le monde nous regardait et j’ai horreur de ça. J’ai cru que c’était la fin. Je voyais dans ses yeux que, pour lui, c’était fini. Pour moi aussi, c’était fini. Je me suis sentie malheureuse. Tellement malheureuse. Je ne suis pas heureuse avec lui. Je me suis dit : "C’est mort. Si il ne me quitte pas, c’est moi qui le quitte." Une fois rentrés chez moi, j’ai passé une heure à pleurer dans les bras de ma soeur pendant qu’il gueulait dans ma chambre. Puis on s’est réconciliés. Depuis on s’entend bien.
On a tout les deux des… problèmes sexuels. Il a un bouton sur la bite et les ganglions gonflés. Moi ça me démange et je saigne. On a peur. Je dois aller faire un dépistage et je suis terrorisée. Par la prise de sang, surtout. Je m’en fous des aiguilles. La preuve, je suis piercée et tatouée de partout. C’est les veines, le problème. Le garrot. J’ai envie de pleurer.

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2013-02-01T15:04:00+01:00
http://jewel.journalintime.com/tv TV. "And I remember when I met him. It was so clear thats he was the only one for me. We both knew it, right away. And as years went on, things got more difficult. And we were faced with more challenges. [...] I tried to remember what we had to begin with. He was charismatic. Magnetic. Electric. And everybody knew it. When he walked in, everyone’s head turned. Everyone stood up to talk to him. He was like this hybrid, this mix of a man who couldn’t contain himself. I always got the sense that he became torn between being a good person and missing out on all of the opportunities that life

"And I remember when I met him. It was so clear thats he was the only one for me. We both knew it, right away. And as years went on, things got more difficult. And we were faced with more challenges. [...] I tried to remember what we had to begin with. He was charismatic. Magnetic. Electric. And everybody knew it. When he walked in, everyone’s head turned. Everyone stood up to talk to him. He was like this hybrid, this mix of a man who couldn’t contain himself. I always got the sense that he became torn between being a good person and missing out on all of the opportunities that life could offer a man as magnificent as him. And in that way, I understood him. And I loved him. I loved him. I loved him. I loved him. And I still love him. I love him."

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Mon meilleur ami Bastien a un frère un peu foncedé. Très foncedé. Il fume une quinzaine de bédos par jour. Il s’est fait arrêté avec 10 kilos de weed. Il est en prison. Depuis quatre semaines. On ignore ce qu’il va se passer. Mais on sait qu’il en a pour plusieurs années. Sa famille n’a même pas encore pu lui parler. Bastien a les larmes aux yeux, même lorsqu’on parle d’autre chose. Ça me brise le coeur.

Je reviens de chez la psy. On a parlé de ma famille. Sujet sensible. J’étais sur le point de chialer. "Vous dites que votre frère Aaron s’est complètement détaché de la famille. Et vous ?" Tout le monde va mal chez moi. Sur six, il n’y en a pas un qui est heureux. Quoique, je vais plutôt bien ces temps. Mom est la source du mal-être de plusieurs personnes de ma famille. Elle est la source de mon conflit avec Aaron qui dure depuis que je suis née. Parce qu’à ma naissance, elle l’a "oublié" pour mieux s’occuper de moi. Le problème de la petite dernière. Mom a un problème avec moi. Un problème dans sa tête. Une obsession. C’est malsain. Ma psy m’a conseillé de rester le plus loin possible de ma maison pendant un moment. Passer plus de temps chez Josh, par exemple. Ça m’a fait bizarre. D’habitude, les psys défendent Mom. Comme quoi je devrais m’estimer heureuse d’avoir une mère qui m’aime autant. Comme quoi ils ne voient pas en quoi elle fait quelque chose de mal. Comme quoi mon rejet pour elle n’est pas fondé. Mom. Je n’en peux plus. J’ignore ce qui l’a fait disjoncter. Peut-être la mort de ses deux soeurs. Peut-être que la folie de sa mère est génétique. Je suis pas dans la merde. Peut-être le désespoir de Dad. Peut-être le fait de n’avoir pas baisé depuis vingt ans. Peut-être le fait de voir tous ses enfants aller mal. Peut-être le fait de voir sa petite dernière s’auto-détruire. Peut-être le fait de voir sa petite dernière grandir. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne le saurai jamais car elle-même ignore sa condition. Pauvre femme. Pauvre femme. J’aimerais comprendre le mécanisme qui pousse une femme plus que classique, parfaite, qui à un certain point souhaitait même devenir nonne, à devenir hystérique, alcoolique et accro aux calmants. J’aimerais comprendre. J’aimerais comprendre car ma plus grande peur est d’un jour devenir comme elle.

Josh est un abruti. Et moi aussi. J’ai fait ma jalouse hystérique et j’ai un peu regardé dans son ordi. J’ai vu une conversation skype avec une pute qu’il appelle "honey" et qui lui manque beaucoup apparemment. C’était il y a deux mois et demi. Le jour de mon anniversaire. Happy birthday. Ça va pas terrible avec lui. On s’engueule tout le temps. On n’est pas motivés quand on se voit. On n’est pas spécialement heureux quand on se voit. Je me fais chier, des fois. Et puis on ne baise pas assez. Ça me tue lorsqu’on s’endort l’un à côté de l’autre comme un vieux couple. Parce qu’on est trop fatigués. Ça me tue lorsque je dois rentrer chez moi et que soit-disant "on n’a pas eu assez de temps" pour faire l’amour. Alors qu’on vient de passer deux heures à rien foutre devant la télé. Ça vient d’arriver à l’instant. Ça me donne envie de chialer. Car ça me donne l’impression que je ne l’attire plus autant qu’avant. Car ça me donne l’impression qu’il ne m’aime plus autant qu’avant. Il ne me rend plus vraiment heureuse. Même si je l’aime. Je l’aime. Mais on s’éloigne l’un de l’autre. Trop d’alcool. Trop d’embrouilles. Trop de disputes. Trop de drama… Trop de cachotteries. De sa part, en tout cas. Il est distant. Je vais essayer la technique du "Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis" pendant un moment. Être adorable quand je suis avec lui, mais ne jamais l’appeler. Jamais. Ne jamais lui écrire. Ne pas être collante. Ne pas être needy. Arrêter de faire la gueule quand il ne me baise pas. Être détachée. Il se demandera ce qu’il se passe et me portera donc plus d’attention. Sans même s’en rendre compte. Boom.

J’ignore si ça va marcher entre nous.

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"Don’t make me sad. Don’t make me cry. Sometimes love is not enough and the road gets tough, I don’t know why."

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2013-01-30T00:04:00+01:00
http://jewel.journalintime.com/Rice Rice. Maniaphilie : Être excité sexuellement par les gens non-sains d'esprit. . Sophia m'a écrit. Sophia, c'est la petite asiat avec qui j'ai couché il y a deux ans. J'ai un truc pour les filles asiatiques. Nastasya l'était aussi. Nastasya. Sophia m'a écrit. Comme quoi je lui manque. Elle me manque aussi. Je ne sais pas trop quoi lui répondre. On s'était quittées en mauvais termes le lendemain. On ne s'est pas reparlé depuis. Je suis épuisée. Moralement. J'ai passé deux semaines de vacances à rien foutre. J'ai passé deux semaines chez Josh. On s'est engueulés plusieurs fois. On

Maniaphilie : Être excité sexuellement par les gens non-sains d’esprit.

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Sophia m’a écrit. Sophia, c’est la petite asiat avec qui j’ai couché il y a deux ans. J’ai un truc pour les filles asiatiques. Nastasya l’était aussi. Nastasya. Sophia m’a écrit. Comme quoi je lui manque. Elle me manque aussi. Je ne sais pas trop quoi lui répondre. On s’était quittées en mauvais termes le lendemain. On ne s’est pas reparlé depuis.

Je suis épuisée. Moralement. J’ai passé deux semaines de vacances à rien foutre. J’ai passé deux semaines chez Josh. On s’est engueulés plusieurs fois. On s’est réveillés à 14 heures tous les jours. On a regardé tous les Pixar. On n’a mangé que du riz au Maggi. On n’a pas beaucoup baisé. Pas assez à mon goût. J’avais ce sentiment que je devais faire le premier pas à chaque fois. Qu’il n’en avait pas vraiment envie. Qu’il n’était pas vraiment à fond dedans. Distrait. Ailleurs. Probablement parce qu’il était fâché contre moi. On a passé un nouvel an chaotique. On a passé un nouvel an chaotique parce que j’ai trop bu. J’ai trop bu et j’ai dragué la petite soeur de Nino. J’ai honte. Elle a quinze ans. J’ai touché le cul d’une mineure. Je ne m’en souviens même pas. C’est Josh qui m’a raconté. Il voulait m’embrasser à minuit et je l’ai envoyé chier. Je l’ai envoyé chier parce que je faisais des shots de tequila avec mon pote gay Loris. J’ai passé la soirée dans les bras de Bastien, mon meilleur ami. Alors que Josh est convaincu qu’il a des sentiments pour moi. Autant dire qu’il n’a pas passé une bonne soirée. Surtout qu’il était sobre. Il ne boit jamais. Je bois toujours. Je bois et on s’engueule. Tous nos problèmes viennent de là. Quand je bois, j’en ai rien à foutre de lui. Quand je bois, je chauffe des meufs. Quand je bois, je disparais. Et ça le rend fou. J’aime l’alcool. Mais je crois que j’aime Josh davantage. C’est pourquoi j’arrête l’alcool fort pendant un moment. Je me contenterai de bière. Je n’ai pas envie de le perdre. Je n’ai pas envie de le tromper. Mais si je continue à boire autant, c’est ce qui va arriver. C’est inévitable. Et je l’aime trop. Si j’en venais à le perdre pour un peu de tequila, je ne me pardonnerais jamais.

Francisco m’a appelée. Francisco, c’est mon ex avec qui je suis restée pendant un an. On est restés amis. On s’appelle de temps en temps. Josh n’apprécie pas du tout. Donc j’ai arrêté de lui dire quand ça arrive. Francisco était choqué de savoir que j’ai arrêté de fumer. "Mais, mais… Tu deviens une personne bien, ça te ressemble pas !" il a dit en se marrant. "Tu bois encore, quand même ?!" J’ai menti. J’ai dit que oui. Sinon il m’aurai fait un speech. Que Josh me change. Que je devrais rester fidèle à moi-même. Que je devrais continuer à faire ce que j’aime. Il a peut-être raison. Il a une nouvelle copine. Blonde, petite, mince. Comme ses trois dernières meufs, moi y compris. Je ne suis plus du tout jalouse de ses copines, c’est cool. Entre nous, c’est désormais de la pure amitié. Je ne suis même plus attirée par lui physiquement. Il est devenu un peu gras depuis que je l’ai quitté. Il veut aller boire un verre cette semaine.

J’ai regardé énormément de documentaires sur l’héroïne. J’ai aussi relu un livre là-dessus. Je pense de plus en plus à me trouver un job pour aider les junkies. Quand j’en croise chaque soir quand je rentre chez moi, j’ai envie de leur parler, de les écouter, d’être là pour eux. Ils me passionnent, j’ignore pourquoi. J’ai envie de les comprendre, de leur être utile. Mais j’ignore si je serais assez forte psychologiquement pour avoir un boulot aussi… choquant. Voir un drogué s’enfoncé une aiguille dans la veine est très dur pour moi. Je le sais, car j’ai déjà vécu cette scène. C’était des amis. C’était violent. Violent psychologiquement. Mais ça me passionne. La drogue me passionne. L’addiction me passionne. Je vais y réfléchir. J’en ai fini avec l’art, je veux passer à autre chose.

J’ai pris sept kilos depuis l’été passé. Je suis contente. Ça faisait tellement longtemps que je cherchais à prendre un peu de poids. J’ai un peu plus de formes, ça me plaît bien.

Je suis déprimée.

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2013-01-07T03:19:37+01:00